LE PORTRAIT

 

Pour décrire un visage

o                                        avoir + article défini + nom de la partie du visage

à Il/Elle a le visage ovale, les cheveux bruns, les yeux bleus, le nez droit, les traits réguliers

o                                         avoir + article indéfini + nom de la partie du visage

à Il/Elle a un visage ovale, un grand front, de longs cheveux bruns, de petits yeux bleus, des traits réguliers…

 

Vocabulaire:
Les cheveux [bruns, blonds, châtains, blancs, gris, roux] - [courts, longs] - [raides, frisés, crépus, en chignon]
Le front [haut, bas, large] - Les oreilles [grandes, petites, décollées]
Les yeux [grands, petits] - [noirs, verts, bleus, marron, gris]
La bouche [petite, grande] - [avec des lèvres minces, avec de grosses lèvres]
Le menton [ovale, carré, rond]

 

 


textes


Jean Cocteau, La jeune femme
 
Que voulez-vous que j'y fasse 
Comment cela se fait-il 
La jeune femme est de face 
Alors qu'elle est de profil 

Comment cela se fait-il 
Elle n'a qu'un oeil de face 
Elle en a deux de profil 
Que voulez-vous que j'y fasse 

Que voulez-vous que j'y fasse 
Comment cela se fait-il 
Sa figure est une glace 
Qui reflète son profil

 

 

 

 

 

 

Robert Sabatier, Les Allumettes suédoises

L'homme était vêtu d'un élégant costume d'alpaga clair, avec une chemise bleu outremer en soie sur laquelle tranchait une cravate d'un orangé voyant, portait des chaussures jaune clair et cachait une coiffure brune, bien gominée, sous un feutre mou à bord baissé sur le front. Malgré son nez légèrement aplati, comme celui d'un boxeur, il était beau garçon, avec ses yeux noirs, sa peau mate. Sa bouche trop grande, ses lèvres lisses lui donnaient un air équivoque et on lisait dans ses yeux marron une incroyable méchanceté. La taille haute, les épaules larges, il descendait les marches deux par deux avec un dandinement affecté. Pur produit de son époque, il aurait pu figurer parmi les compagnons d'Al Capone.

 



La caractérisation du personnage
 

La caractérisation directe

Isaïe allait à un rendez-vous. Ouvrant les fourrés de givre, il se dressa de toute sa taille au bord du flanquement. Grand et maigre, osseux, les hanches plates, le torse large, il semblait jailli de la terre dans une convulsion de pierres et de racines. Ses jambes longues étaient enfournées dans des pantalons de Bonneval, qui se gonflaient en poche sous les genoux. Une veste en tissu brun, bourru, pendait sur ses épaules. Il portait haut sa tête sèche, aux traits nets, à la peau fendillée comme un morceau de cuir. Sous les sourcils rongés par le soleil, ses yeux bleus et rond brillaient d'une joie enfantine. Quand il souriait, il n'avait plus d'âge.
Henri Troyat, La neige en deuil, 1952, Flammarion
 

 

Les stratégies du portrait

Quand on appela: "218: Kermadec!" on vit paraître Yves, un grand garçon de vingt-quatre ans, à l'air grave, portant bien son tricot rayé et son large col bleu.
Grand, maigre, de la maigreur des antiques, avec les bras musculeux, le col et la carrure d'un athlète, l'ensemble du personnage donnant le sentiment de la force tranquille et légèrement dédaigneuse. Le visage incolore, sous une couche uniforme de hâle brun, je ne sais quoi de breton qui ne peut se définir, avec un teint d'Arabe. La parole brève et l'accent du Finistère; la voix basse, vibrant d'une manière particulière, comme ces instruments aux sons très puissants, mais qu'on touche à peine de peur de faire trop de bruit.
Les yeux gris roux, un peu rapprochés et très renfoncés sous l'arcade sourcillière, avec une expression impassible de regard en dedans; le nez très fin et régulier: la lèvre inférieure s'avançant un peu, comme par mépris.
Figure immobile, marmoréenne, excepté dans les moments rares où paraît le sourire; alors tout se transforme et on voit qu'Yves est très jeune. Le sourire de ceux qui ont souffert: il a une douceur d'enfant et illumine les traits durcis, un peu comme ces rayons de soleil qui, par hasard, passent sur les falaises bretonnes.
Pierre Loti, Mon Frère Yves, 1883.

 

Il n'avait pas plus de trente ans. Ses yeux étaient d'un brun sombre et ses pupilles étaient vaguement veloutées de brun. Il avait de fortes pommettes et des rides profondes sillonnaient ses joues et s'incurvaient autour de la bouche. Sa lèvre supérieure était épaisse et comme ses dents avançaient, les lèvres se tendaient pour les couvrir, car l'homme tenait ses lèvres fermées. Ses mains étaient larges, aux doigts osseux, avec des ongles longs et striés comme des petits coquillages.
John Steinbeck, Les Raisins de la colère, trad. M. Duhamel, 1839, éd. Gallimard.