LE PORTRAIT
Pour décrire un visage
o avoir + article défini + nom de la partie du visage
à Il/Elle a le visage ovale, les cheveux bruns, les yeux bleus, le nez droit, les traits réguliers …
o avoir + article indéfini + nom de la partie du visage
à Il/Elle a un visage ovale, un grand
front, de longs cheveux bruns, de petits yeux bleus, des traits réguliers…
Vocabulaire:
Les
cheveux [bruns, blonds, châtains, blancs, gris, roux] - [courts, longs] -
[raides, frisés, crépus, en chignon]
Le front [haut, bas, large] - Les oreilles [grandes, petites, décollées]
Les yeux [grands, petits] - [noirs, verts, bleus, marron, gris]
La bouche [petite, grande] - [avec des lèvres minces, avec de grosses
lèvres]
Le menton [ovale, carré, rond]
textes
|
Comment
cela se fait-il Que voulez-vous
que j'y fasse |
|
Robert Sabatier, Les Allumettes suédoises
L'homme était vêtu d'un élégant costume d'alpaga clair, avec une chemise bleu outremer en soie sur laquelle tranchait une cravate d'un orangé voyant, portait des chaussures jaune clair et cachait une coiffure brune, bien gominée, sous un feutre mou à bord baissé sur le front. Malgré son nez légèrement aplati, comme celui d'un boxeur, il était beau garçon, avec ses yeux noirs, sa peau mate. Sa bouche trop grande, ses lèvres lisses lui donnaient un air équivoque et on lisait dans ses yeux marron une incroyable méchanceté. La taille haute, les épaules larges, il descendait les marches deux par deux avec un dandinement affecté. Pur produit de son époque, il aurait pu figurer parmi les compagnons d'Al Capone.
La caractérisation du personnage
La
caractérisation directe
Isaïe allait à un
rendez-vous. Ouvrant les fourrés de givre, il se dressa de toute sa taille au
bord du flanquement. Grand et maigre, osseux, les hanches plates, le torse
large, il semblait jailli de la terre dans une convulsion de pierres et de
racines. Ses jambes longues étaient enfournées dans des pantalons de Bonneval,
qui se gonflaient en poche sous les genoux. Une veste en tissu brun, bourru,
pendait sur ses épaules. Il portait haut sa tête sèche, aux traits nets, à la
peau fendillée comme un morceau de cuir. Sous les sourcils rongés par le
soleil, ses yeux bleus et rond brillaient d'une joie enfantine. Quand il
souriait, il n'avait plus d'âge.
Henri Troyat, La
neige en deuil, 1952, Flammarion
Les stratégies
du portrait
Quand on appela: "218:
Kermadec!" on vit paraître Yves, un grand garçon de vingt-quatre ans, à
l'air grave, portant bien son tricot rayé et son large col bleu.
Grand, maigre, de la maigreur des antiques, avec les bras musculeux, le col et
la carrure d'un athlète, l'ensemble du personnage donnant le sentiment de la
force tranquille et légèrement dédaigneuse. Le visage incolore, sous une couche
uniforme de hâle brun, je ne sais quoi de breton qui ne peut se définir, avec
un teint d'Arabe. La parole brève et l'accent du Finistère; la voix basse,
vibrant d'une manière particulière, comme ces instruments aux sons très
puissants, mais qu'on touche à peine de peur de faire trop de bruit.
Les yeux gris roux, un peu rapprochés et très renfoncés sous l'arcade
sourcillière, avec une expression impassible de regard en dedans; le nez très
fin et régulier: la lèvre inférieure s'avançant un peu, comme par mépris.
Figure immobile, marmoréenne, excepté dans les moments rares où paraît le
sourire; alors tout se transforme et on voit qu'Yves est très jeune. Le sourire
de ceux qui ont souffert: il a une douceur d'enfant et illumine les traits
durcis, un peu comme ces rayons de soleil qui, par hasard, passent sur les
falaises bretonnes.
Pierre Loti, Mon
Frère Yves, 1883.
Il n'avait pas
plus de trente ans. Ses yeux étaient d'un brun sombre et ses pupilles étaient
vaguement veloutées de brun. Il avait de fortes pommettes et des rides profondes
sillonnaient ses joues et s'incurvaient autour de la bouche. Sa lèvre
supérieure était épaisse et comme ses dents avançaient, les lèvres se tendaient
pour les couvrir, car l'homme tenait ses lèvres fermées. Ses mains étaient
larges, aux doigts osseux, avec des ongles longs et striés comme des petits
coquillages.
John Steinbeck, Les Raisins
de la colère, trad. M. Duhamel, 1839, éd. Gallimard.