Ryon
Sakurai, 23 ans
Son site web tout simple fascine les Japonais.
[extrait]
Ryon Sakurai en 6 dates5 juin 1978 1993 1994 |
Avril 1998 Mai 2001 Juin 2001 |
Elle dit: «Parfois, je regarde mon écran d'ordinateur et je me dis que tout ce qui m'entoure n'est pas très différent. Au Japon, tout est rangé, ordonné, comme dans les dossiers de mon disque dur.» Puis elle repart dans ses clics et ses messages électroniques. De son minuscule appartement de Minami Urawa, dans une banlieue labyrinthe à une heure de train de Tokyo, Ryon Sakurai aperçoit d'un côté des rails, de l'autre des rangées d'immeubles tous pareils. C'est peut- être parce qu'elle vit en permanence dans ce décor presque virtuel, que cette jeune Japonaise est devenue l'une des reines du Web de l'archipel. «Au départ, c'était un jeu. Je voulais faire partager ma passion et me faire des amis. Le reste est venu tout seul. Jamais je n'aurai pensé que quelques bouts de phrases et quelques photos en ligne pouvaient avoir un tel succès.»
Ryon Sakurai, 23 ans, est au pays
du Soleil-Levant ce que les adolescents appellent une «Internet Idol» -
prononcez I-do-leu.
Le «cyberproduit» est sagement
assis sur son lit coincé entre des étagères remplies de mangas (bandes
dessinées), une armoire qui déborde de fringues, un gros PC couvert de
poussière et deux portables branchés vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur
le réseau.
Elle met en ligne ses photos
perso, raconte chaque jour un petit morceau de son existence et butine dans les
contrées virtuelles d'un Japon indolent. Un pays à l'opposé de celui de son
enfance dans une famille de marins-pêcheurs à Nagasaki, dans l'île de Kyushu.
Père qui se tue à la tâche. Mère qui se tait. La recherche d'un bon mari pour
seul horizon: « J’ai largué tout ça à 17 ans »
La jeune provinciale se choisit
un prénom de scène, Ryon. Elle raconte ses après-midi, ses sorties en boîte, en
dit un peu sur ses copains. Elle apprend à gonfler ses seins «en serrant
bien fort mon buste entre mes bras»: «Elle était prête à tout pour devenir
célèbre», persifle sa grande sœur.
L'Internet Idol a trouvé dans le Net une bonne parade à ce métro-boulot-dodo
que tant de jeunes Japonais fuient aujourd'hui comme la peste. Elle bosse
quatre heures par jour pour payer son loyer dans un centre d'appels d'une
grande compagnie d'assurances et s'est inscrite depuis peu dans une école de
scénariste.
L’article complet : http://www.liberation.com/quotidien/portrait/port20010827.html
Le site de Ryon Sakurai: http://www.jah.ne.jp/—ryoryo/