Godard

(d’après  Libération – Portraits)

 

 

·      «Les gens ne m'invitent pas parce qu'ils savent que je ne parlerais que de cinéma. En parlant de cinéma, j'en arriverais à parler de la Yougoslavie. Mais je ne sais parler que de ça. Eux, ils ne parlent que des gens du cinéma. Ils savent qu'avec moi la conversation s'arrêterait.»

 

 

·      Jean-Luc Godard est entré dans le cinéma sur le tard, en lisant. «A vingt ans, j'étais un bon à rien J'ai découvert dans la Revue du cinéma un monde artistique dont on ne m'avait jamais parlé, où j'ai senti une foi intérieure.»

     Il monta à Paris, exalté. Trente-six ans de cinéma plus tard, sa foi est intacte, mais  plus l'euphorie.

 

·      Il raconte : “Je joue au tennis, aussi, parce que je sais que sur le court il y aura toujours quelqu'un pour me renvoyer la balle”.

 

·      Il réfute les accusations de plusieurs acteurs sur son comportement méchant : «Eux veulent jouer dans un de mes films. Pour mon nom, pas pour mon cinéma. Après, ils peuvent donc dire n'importe quoi.»

 

·      Il aborde l'époque de la Nouvelle Vague, qui revient en un leitmotiv de nostalgie, de regrets, et d'une énigmatique tendresse :

«On formait un groupe qui savait pourquoi il voulait faire du cinéma.»

Il explique la différence entre le cinéma d'aujourd'hui et celui d'hier, parle avec passion, avec une habituelle séduction.

 

 

·      Et l'amour dans tout ça ? Il dit qu'il a aimé plusieurs femmes, d'avec qui il s'est séparé dès qu'il ne leur a plus été possible de parler ensemble de cinéma:

«Un couple ne peut durer s'il ne partage pas une vision du cinéma. L'un peut aimer le rap et détester Beethoven, et l'autre le contraire. Mais si l'un aime le cinéma de Spielberg et l'autre le déteste, un jour, ils se sépareront, parce que le cinéma est encore la représentation du monde.»